Ranger son armoire et retrouver un petit carnet, sans cadenas, posé là, comme s'il attendait. Comme s'il attendait que quelqu'un vienne le lire. Le refaire vivre. Je me rappelle de ces petits moutons blancs dessinés sur la première de couverture. Ce carnet, c'était mon petit « agenda secret » que j'avais quand j'étais petite. Toute petite même. Et c'est en l'ouvrant que tout m'est revenu. En l'ouvrant avec mes grandes mains maladroites qui m'ont tout à coup parut toutes petites, toutes fragiles, manipulant ce petit livre avec une douceur inhabituelle, que le sourire est apparut.
Sur la première page, le nom e mon amoureux, Thomas, avec qui je me souviens avoir « promis juré » qu'on se marierait quand on serrais grands. Et puis, des pages entières qui parlaient de mes journées, de la grande s½ur qui ma acheté une sucette à la fraise avec un petit chewing-gum à l'intérieur, du jour où je saurais assez bien compter pour gagner une partie de monopoly... Je continuais à lire, je me rappelais et souriais. La nostalgie était là.
J'aimerais avoir 5 ans, cinq petites bougies avec pleins de couleurs sur le beau gâteau que maman a fait pour l'occasion, une grosse peluche toute douce dans le paquet emballé. Faire une photo sur laquelle on verrait mes couettes et sur laquelle mon sourire ferait apparaître les petits trous que mes dents ont laissés en partant. Et puis trouver une petite bague en plastique sous l'oreiller de la part de la petite souris. Réécrire des lettres au papa Noël pour qu'il n'oublie pas de m'envoyer une Barbie rose avec une belle robe et une dînette parce que j'ai était sage cette année. Faire attention de bien dire à papa d'éteindre la cheminée pour pas que le papa Noël se brûle les pieds en descendant mettre les cadeaux au pied du sapin illuminé. C'était quand même drôlement bien quand mes épinards rendaient fort comme Popeye et quand les carottes rendaient les fesses roses...